Véhicules militaires : roues ou chenilles?

…ou le choix devrait-il plutôt se faire entre les deux. Les avantages des roues sans les désagréments de l’acier – ce serait une solution intéressante, n’est-ce pas?

Défense
Vehicules militaires roues ou chenilles

Les forces armées terrestres peuvent choisir parmi un large éventail de configurations de mobilité, mais ce choix a été simplifié à l'extrême en deux classifications - roues et chenilles. L'environnement de l'utilisateur influence grandement cette décision, mais dès qu’il s'agit de se déplacer à vitesses élevées, les roues deviennent rapidement la meilleure option lorsque l’autre alternative est une chenille en acier traditionnelle. Il est vrai que les larges systèmes à roues 8x8 offrent une excellente mobilité, gèrent des charges plus importantes et ont une durée moyenne entre pannes exceptionnelle. C’est pourquoi ces systèmes sont populaires auprès des forces armées qui parcourent de longues distances sur des routes dégagées.

Cependant, les systèmes de roues comportent plusieurs inconvénients en termes de mobilité. En effet, les systèmes de chenilles présentent généralement un indice de mobilité de véhicule (calcul VCI – Vehicle Cone Index) de 20 à 30 % inférieur à celui des roues pour un poids similaire. Les systèmes de chenilles s’adaptent davantage aux terrains variés, y compris les sols sableux plus instables.

Les chenilles offrent essentiellement une plus grande surface de contact que les roues, ce qui se traduit par une pression au sol plus faible. Cela permet aux véhicules munis de chenilles d’ajouter des composants, tels que des systèmes d'armes et un dispositif de protection plus importants, tout en manœuvrant sur un sol mou ou dans des conditions de route changeantes.

Les chenilles en caoutchouc possèdent d’autres avantages que celles en acier. Elles peuvent se déplacer à plus grande vitesse, consommer moins de carburant et parcourir de plus longues distances. Cela est dû à une plus faible résistance au roulement inhérente aux chenilles en caoutchouc par rapport aux chenilles traditionnelles en acier.

De plus, les plateformes équipées de chenilles en caoutchouc assurent une signature sonore réduite lors des déplacements. Elles ne souffrent pas des vibrations excessives générées par la configuration des chenilles, soit la vibration provoquée par le barbotin frappant la chenille en acier afin de créer la force motrice. Ce phénomène propre aux chenilles en acier affecte le fonctionnement et la fiabilité des composants en plus d’entraîner la fatigue des soldats.

Également, les chenilles en caoutchouc présentent des coûts d'exploitation plus faibles et sont plus faciles à entretenir. Les chenilles en caoutchouc de Soucy possèdent les avantages associés aux roues tout en offrant une plus grande mobilité qu'un système de chenilles en acier, au moment où les troupes en ont le plus besoin.

Soucy a développé la technologie des chenilles en caoutchouc dans les années 70. Puis, dans les années 90, l’entreprise a commencé à livrer des chenilles aux véhicules militaires. En 1993, Soucy a conçu les premières chenilles en caoutchouc pour le véhicule blindé M113. Le NA-140 a été le premier véhicule produit en série avec ce type de chenilles.

Par la suite, Soucy a équipé les véhicules blindés articulés BV206 et BVS10 et le BRONCO (Warthog). Mais c'est l'Afghanistan, avec son environnement difficile et toujours plus exigeant, qui a été le terrain d'essai des chenilles en caoutchouc composite, aujourd'hui renommées dans le monde entier.

L'armée norvégienne a commencé à déployer des véhicules M113 avec des chenilles en caoutchouc composite en Afghanistan en 2004. Les chenilles en caoutchouc de Soucy ont remplacé les chenilles T130 du M113, qui pesaient deux fois moins que celles en acier. L'armée danoise a suivi avec ses véhicules M113G blindés en 2009. Ces déploiements ont été essentiels pour les essais opérationnels des chenilles en caoutchouc composite, qui ont fait leurs preuves dans ces environnements difficiles. En 2010, l'armée norvégienne a déployé le véhicule blindé CV9030N en Afghanistan avec des systèmes de chenilles en caoutchouc. Il s'agissait d'une première pour des véhicules de plus de 30 tonnes.

Grâce au développement continu, les systèmes de chenilles Soucy peuvent désormais être offerts pour les véhicules blindés plus lourds, comme on peut le voir sur le Redback de Hanwha. Soucy dispose maintenant de composants pouvant supporter 50 tonnes et vise augmenter ce seuil à 55 tones d'ici 2023. Si les chenilles en caoutchouc composite n'étaient pas considérées auparavant comme appropriées pour le blindage moyen, ces statistiques confirment sans aucun doute que les chenilles de caoutchouc composite sont devenues une option attrayante aux chenilles en acier conventionnelles.

En raison d’une demande accrue en matière de durabilité et d'économie de poids provenant de nombreux membres des forces terrestres et fabricants d'équipements d'origine (OEM), les fabricants de chenilles en acier doivent utiliser des matériaux plus résistants et plus légers, ce qui entraîne une hausse des coûts. Les chenilles en caoutchouc composite deviennent alors la solution de choix pour les nouveaux programmes. Pour les véhicules blindés de 5 à 50 tonnes, où la mobilité, la durée de vie de l'équipement et les soldats sont importants, les chenilles en caoutchouc composite sont un multiplicateur de capacité.